obsolescence programmée

Comment lutter contre l’obsolescence programmée ? (1/2)

Voici la première partie d’un long article que j’ai préfèré scinder en deux pour en faciliter la lecture. La deuxième partie est accessible ici.

L’obsolescence programmée, c’est le fait pour les industriels de limiter la durée de vie de leurs produits. Pourquoi ? Afin de nous les faire renouveler plus souvent !

Il est aujourd’hui établi que certains fabricants conçoivent volontairement des produits plus fragiles, plus difficiles à démonter et à réparer, ou qui s’arrêteront de fonctionner après un certain temps d’utilisation.





Nous avons d’ailleurs tous remarqué que les appareils conçus il y a quelques décennies avaient une durée de vie largement plus longue que ceux que l’on achète aujourd’hui. Difficile de trouver encore des appareils qui durent vingt ans.

Cette pratique soutient peut-être l’économie, mais elle a évidemment un coût écologique considérable, et, surtout, elle alourdit la charge financière qui pèse sur chaque foyer en nous obligeant à renouveler régulièrement nos équipements.

 

Alors comment déjouer le piège de l’obsolescence programmée et préserver votre porte-monnaie ?





 

Apprendre à réparer plutôt que jeter

C’est un réflexe à acquérir, car nous sommes plutôt conditionnés à avoir le réflexe inverse : jeter et racheter.
Pourtant, il n’est pas toujours compliqué de réparer un appareil en panne. On peut aussi trouver un réparateur. Tant que le coût de réparation reste avantageux, on y gagne.

Ces dernières années, nous avons fait quelques économies en réparant plutôt qu’en rachetant un nouvel appareil.

Par exemple, nous avons remplacé il y a peu l’écran d’un ordinateur portable qui s’était fêlé. Coût de l’opération : 60 euros frais de port inclus. Acheté par internet en Angleterre, alors qu’en France il coûtait 90 euros. Racheter le même ordinateur aurait coûté plus de 250 euros.

Pour une petite trentaine d’euros mon cher et tendre a redonné vie à un autre ordinateur en changeant juste son ventilateur (durée de l’opération : 5 minutes).




Notre voiture a aussi fait des siennes il y a quelques années : l’aiguille du compteur de vitesse était bloquée. La seule solution proposée par le garagiste était de remplacer tout le bloc du tableau de bord, ce qui coûtait très cher.

Finalement nous avons pu régler le problème pour une somme bien inférieure grâce à un réparateur trouvé sur Ebay !
Il avait repéré ce problème récurrent sur ce modèle de voiture et s’était spécialisé dans la réparation de la toute petite pièce défectueuse derrière l’aiguille, au lieu de devoir tout changer chez le garagiste.

Il nous a fallu démonter la pièce, la lui envoyer par la poste, et la remonter une fois réparée. Une idée ingénieuse de sa part, et des économies pour ses clients.

Au contraire, je regrette encore d’avoir jeté un grand écran d’ordinateur juste parce que le bouton on/off ne répondait plus. Mais ça, c’était dans mon “ancienne vie” !

 

Réparer, c’est facile ?

Il n’est pas forcément nécessaire d’être très bricoleur pour réparer un certain nombre de pannes courantes.

On peut trouver quasiment toutes les ressources nécessaires sur internet : tutoriels, vidéos, pièces de rechange, conseils, etc.

Cela vaut la peine, au moins, d’essayer de réparer avant de se résoudre à jeter. On a souvent la bonne surprise de s’apercevoir que ce n’était pas si compliqué qu’il y paraissait.
Et pour ceux qui ont la chance d’avoir un de ces fameux “repair cafés” près de chez eux, c’est encore plus facile.

 

Qualité et “réparabilité”

 

Non seulement les fabricants sont tentés de produire des biens moins résistants, mais certains les rendent en plus très difficiles à réparer.
Ainsi, l’appareil sera parfois volontairement difficile à démonter, ou les pièces de rechange seront introuvables.

Je pense par exemple à mon ordinateur portable dont l’écran était fêlé. Il est conçu de telle sorte qu’il faut démonter absolument tout l’ordinateur pour pouvoir enfin enlever la dalle de l’écran. Quasi impossible pour un non spécialiste, avec le risque de tout abîmer. Heureusement, beaucoup d’autres modèles sont mieux conçus.

Il nous est impossible de tout prévoir. Mais, dans la mesure du possible, choisissons des produits de qualité, et qui soient aisément réparables.
Une bonne habitude à prendre est de faire quelques recherches sur internet avant d’acheter un bien (gros électroménager, ordinateur, etc.) afin de savoir ce qu’en pensent les précédents acheteurs, et notamment s’il s’agit d’un bien fiable.

 

Une question d’arbitrage

Cependant, la qualité coûte souvent cher, et l’on ne peut pas toujours se permettre d’acheter du haut de gamme.

Il y a peut-être un arbitrage à faire entre un appareil de qualité qui coûte très cher, et un appareil low cost, sûrement susceptible de tomber en panne plus rapidement, mais vendu deux à trois fois moins cher. D’autant que beaucoup de grandes marques, malgré leur prix, ne sont plus toujours aussi fiables que dans le passé.

Dans certains domaines (lave-linges, voitures…) il existe encore quelques marques dont la fiabilité est toujours reconnue. Il peut être intéressant de miser sur celles-là si on en a les moyens.

A défaut d’avoir le budget suffisant, le bon compromis, au moins pour les bricoleurs, serait-il de trouver du low-cost facile à réparer ? A chacun de décider selon ses finances et ses capacités.

 

Et vous, comment luttez-vous contre l’obsolescence programmée de vos appareils ? Optez-vous pour le low-cost, ou pour les grandes marques ?

 

16 réflexions au sujet de “Comment lutter contre l’obsolescence programmée ? (1/2)”

  1. Bonjour,
    Une autre méthode, intermédiaire, peut également être de revendre son bien d’occasion, avant son obsolescence, pour le remplacer par un neuf. Le coût d’achat est ainsi moindre.

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    • Bonjour Squatte,
      La revente d’occasion, j’aime ! C’est vrai que ça peut être un moyen d’éviter l’obsolescence programmée. Par contre je ne suis pas sûre que ça fasse faire tellement d’économies puisqu’il faut racheter un nouvel appareil (sauf si on n’en a plus besoin).

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  2. Un couple de mon entourage a une résidence secondaire dont la chaudière a 40 ans. Ils ont prévu de la remplacer, alors qu’elle fonctionne (certes, elle consomme et demande de l’entretien), tout en sachant que les chaudières actuelles ont une durée de vie de 15 ans (d’après le vendeur !). J’essaie de les convaincre de faire le calcul, je suis convaincue que le peu d’économies de fioul ne suffira pas à rentabiliser le changement…
    Donc contre l’obsolescence programmée, vive les produits “vintage” 🙂

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    • Bonjour Nane,

      C’est un bel exemple de la diminution de la qualité des appareils d’aujourd’hui. C’est vrai que pour une résidence secondaire, donc sûrement peu chauffée, le calcul est nécessaire, d’autant qu’une chaudière neuve engendrera quand même un coût d’entretien chaque année.

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  3. J’ajouterai également, prendre les produits plus basiques.
    Plus les produits sont technologiques, plus ils sont difficilement réparable.
    Entre un lave linge qui fait juste un type de lessive, et un qui lave de 18 façon différente, les compétences nécessaires pour réparer sont différentes!

    Pour la réparation, au lieu des SAV normalisé, il y a beaucoup d’indépendant qui répare!
    Un ami le fait sur les ordinateurs, d’autres sont spécialisés dans les écrans plats, ….

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  4. Bonjour Aurore

    Mon lecteur dvd home cinéma est tombé en panne après 4 ans et comme toi je lutte contre le gaspillage, donc avant de racheter un nouveau lecteur j’ai tenté de le faire réparer… Mais malheureusement tout est fait pour consommer car cet appareil était irréparable. En effet, le constructeur n’assurait plus le suivi des pièces qui étaient défectueuses après seulement 4 ans !

    Donc moralité, j’en ai racheter un neuf par obligation… Vive la société de consommation

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    • Bonjour, quand vous tentez de faire réparer, est ce que vous passez.par le SAV, ou par un indépendant?
      Car pour le SAV, c’est toujours irréparable.
      Car les pièces des appareils ne change pas.
      Il faut juste savoir localiser la pièce défectueuse et commander la remplaçante (sur conrad, y a des références électroniques).

      Donc pas évident pour un néophyte, simple et rapide pour quelqu’un qui connait!

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  5. Personnellement, j’achète seulement des marques réputées fiables sur le long terme quand j’ai suffisamment d’informations (Miele pour le gros électroménager, Focal, Yamaha ou JVC pour le matériel acoustique, Asus / Toshiba / Sony / Gigabyte / HGST… pour l’informatique…) . C’est souvent très cher mais en fin de compte, sur le long terme, c’est largement plus avantageux.

    Une personne dans ma famille a travaillé dans une entreprise d’électroménager. Elle est ingénieure statisticienne de formation. Savez-vous quel était son travail ? Elle devait concevoir des programmes informatiques pour que les machines à laver (lave-linge, sèche-linge, lave-vaisselle…) tombent en panne après 5 ans d’utilisation, QUELQUE SOIT la fréquence d’utilisation. Depuis que j’ai appris ça, autant vous dire que je suis devenu un peu parano et, bien entendu, hors de question d’acheter un quelconque appareil de cette marque bien connue.

    Malheureusement, on a pas toujours l’information nécessaire pour être certain de la fiabilité ou non d’un appareil. Dans ce cas, j’achète le moins cher mais en connaissance de cause (je préfère ça qu’acheter plus cher une marque dont je ne connais rien et qui probablement ne propose pas une qualité forcément meilleure…). Ma bouilloire ou encore ma centrale-vapeur sont du matériel Eco+ (Lecler) pour 10€ et 20€ respectivement. Vu que ce ne sont que des résistances chauffantes, et non des appareils avec des contraintes mécaniques, je pense que cela pourrait durer mine de rien et, au pire, cela n’aura pas coûté bien cher.

    Personnellement, j’ai ma petite “black list” de marques que je n’achète pas ou plus, ainsi que ma “white list” de marque qui me semblent fiables après pas mal de recherches d’informations.

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    • C’est en effet une bonne solution si on en a les moyens, d’acheter les marques les plus réputée pour la durée de vie du matériel. Seulement, ce n’est pas toujours facile de les repérer.
      Pour Asus malheureusement on a eu un problème récemment sur l’ordinateur portable de mon mari 18 mois après l’achat, donc hors garantie : il a fallu remplacer le clavier qui ne répondait plus. Il l’a fait lui-même, c’est moins cher ainsi, on en a eu pour une trentaine d’euros de matériel. D’ailleurs pour le matériel informatique, je désespère de trouver quelque chose de solide… presque tous les ans nous avons un ordinateur qui flanche… et ça finit par coûter cher !
      Il paraît qu’Apple serait plus solide ? mais le prix est bien plus élevé. Cela vaudra peut-être la peine d’investir dans du matériel de qualité à l’avenir.

      Et merci pour l’information très intéressante sur la programmation par les marques de la fin de vie des appareils. C’est éloquent. Ma machine à laver va bientôt avoir 5 ans, je vais voir si sa marque pratique l’obsolescence programmée.

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  6. Je vous déconseille Apple. Ce sont les rois de obsolescence programmée. Par exemple, pour leurs mobiles, ils ne proposent pas de batterie amovible, changent les connectiques entre les modèles et une étude récente d’un économiste montre que le mot clé “Iphone slow” fait un bon énorme à chaque fois que sort un nouveau modèle Iphone (il semblerait donc qu’ils fassent probablement ralentir les versions précédentes via des mises à jour suite à la sortie d’un nouvel Iphone). Cette information est facilement vérifiable sur Google.

    Pour ce qui est des PC, je sais que pas mal sont conçus également sans batterie amovible (donc durée de vie de 2-3 ans, comme les mobiles) et dieu sait quelles autres idées “ingénieuses” ils ont également eu que l’on ne sait pas encore.

    Apple c’est vraiment très cher pour ce que c’est. Sans compter que c’est ultra-propriétaire donc en cas de panne vous devez acheter Apple. Si vous voulez changer une pièce pour une plus performante il faudra acheter Apple (c’est également le cas de certaines marques de PC propriétaire comme Packard Bell et Compaq par exemple). Pour ce qui est des logiciels, ils sont ultra-limités. Franchement, gardez vos PC sous Linux et restez sur des logiciels libres si possible.

    Personnellement j’ai 2 PC Asus. Un de 5 ans (EeePC 1001PX) et un de 2 ans (X53SD-SX1053v). Je n’ai jamais eu de soucis. Une étude d’un assureur a montré qu’Asus avait le moins de pannes avec Toshiba et Sony sur les 3 premières années de fonctionnement. Les PC avec le plus de pannes seraient Packard Bell, HP / Compaq (c’est la même boite) et Acer. Apple se trouve entre les deux, donc statistiquement moins fiable qu’un Asus malgré le prix. Après, bien entendu, l’informatique c’est de la haute technologie et plus c’est complexe, plus les probabilités de pannes sont importantes. Donc vous trouverez des personnes avec des Compaq de 10 ans et des Asus qui ont durées 10 jours.

    J’ai retrouvé le graphique qui résume l’étude : http://www.zdnet.fr/i/edit/ne/2009/11/etude-pannes-marques-portables.jpg

    Donc personnellement je continuerai à acheter Asus, Toshiba ou Sony (cette dernière est plus chère que les 2 précédents à performance égale).

    Personnellement ma liste noire c’est notamment : LG, Samsung, Philips, Epson, Apple, Packard Bell, HP / Compaq (quoi que je prends HP en imprimante car de toute manière les 3 leaders du marché sont adeptes de l’obsolescence programmée). Il faut se méfier des leaders, quelque soit le marché. Ce sont eux qui ont le plus intérêt à avoir recours à l’obsolescence programmée. Après, cela n’engage que moi, bien évidement. 😉

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    • OK pour Apple, je ne connais pas bien la marque. J’ai des connaissances qui ont gardé leur pc portable Apple longtemps, ce qui me faisait penser que c’était robuste. Mais cela a peut-être changé entre temps.

      Remarquez pour Asus, on en a un autre qui tient depuis 6 ans, c’est vrai.
      Par contre pour le nouveau, on n’a pas apprécié la panne de clavier, et surtout le fait que le clavier seul soit introuvable en version azerty. Il fallait racheter tout le dessus du pc, trois fois plus cher bien sûr… finalement on a trouvé un clavier seul, mais en qwerty, en lituanie je crois…
      Mais bon, il se peut que ce soit un problème isolé… en espérant que ce ne soit pas une tendance récente à l’obsolescence programmée d’une marque qui était fiable jusque là.

      Merci pour le lien de l’étude, c’est toujours intéressant pour choisir son matériel.

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      • Je vous comprends bien. J’ai cassé la dalle du téléviseur 42″ Sony de ma mère par accident. J’essaye actuellement de trouver une dalle de remplacement à un prix correct. J’ai contacté Sony qui m’a redirigé vers des interlocuteurs qui m’ont à nouveau redirigé vers d’autres. Tout ce que je demande c’est la référence de la dalle et son prix.

        Bon, il me reste toujours le SAV du supermarché mais rien que le devis c’est 20€ et j’avoue ne pas avoir une entière confiance en eux car ils ont tendance à nous inciter à acheter un nouveau téléviseur…

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