Préparer sa retraite : comme les Suisses, visez l’indépendance financière

Vous le savez sûrement, le système de retraite français est mal en point. Bien malin qui pourra dire quel sera le niveau de redistribution quand les petits jeunes d’aujourd’hui prendront leur retraite, et à quel âge.
Juste à côté de nous, la Suisse est un pays un peu plus intelligent. Il n’y a qu’à regarder leur régime de retraite pour voir qu’ils ont un temps d’avance.
Alors si vous ne voulez pas vous retrouver en difficulté à 70 ans, instruisez-vous et faites comme les Suisses !






 

La retraite française, un assistanat ?

 

En France, nous avons un système par répartition : les actifs versent chaque mois des cotisations retraite qui permettent de financer les retraités actuels. C’est la « solidarité intergénérationnelle ».

Le système est fragile, car il nécessite qu’il y ait largement plus d’actifs que de retraités pour bien fonctionner. Or, le nombre des retraités augmente sans cesse, alors que celui des actifs tend à diminuer, mettant en péril la pérennité de ce système par répartition. Les retraités représentent déjà plus de 20% de la population !

Pourtant, chaque tentative de réforme se heurte à de fortes contestations.
L’idée est que l’Etat doit prendre en charge intégralement les retraités. Beaucoup de Français n’imaginent pas assurer eux-mêmes leur avenir.





 

L’Etat Suisse encourage l’indépendance financière

 

En Suisse, 3 piliers composent la pension de retraite. Leurs spécificités sont expliquées plus en détails dans cet article.

1er pilier : une retraite d’Etat, par répartition, obligatoire, qui vise à couvrir seulement les besoins vitaux du retraité.

2ème pilier : une retraite par capitalisation, basée sur cotisations patronales et salariales. Il s’agit d’une épargne qui débute à l’âge de 25 ans, et qui, une fois arrivé à l’âge de la retraite, servira à verser une rente complémentaire au retraité. Cette rente viendra compléter la retraite de base de l’Etat, pour permettre en moyenne d’avoir un niveau de vie d’environ 60% de ses derniers salaires. Obligatoire pour les salariés, elle est facultative pour les indépendants.



3ème pilier : une prévoyance vieillesse privée, destinée à combler totalement la différence de niveau de vie, et à assurer au retraité des revenus du même niveau que ses derniers salaires.

 

Ce que vous devez faire pour préparer votre retraite

 

Le système suisse n’est peut-être pas parfait, mais il favorise l’indépendance financière en encourageant chacun à compléter la retraite de base de l’Etat par d’autres placements. Là-bas, vous savez que si vous ne vous appuyez que sur l’Etat, vous vivrez chichement.

 

En France, ce n’est pas le cas. Peu de Français ont conscience de l’importance d’investir à côté de leurs cotisations retraite. Le discours officiel ne va pas (pour l’instant) dans ce sens.

 

Dans notre imaginaire, l’Etat est censé nous servir des retraites suffisamment confortables pour nous permettre de voyager, d’acheter peut-être un camping-car et de « gâter » nos enfants et petits-enfants.

Mais est-ce vraiment le rôle de l’Etat ? Et peut-on encore se permettre de ponctionner les actifs aux niveaux de prélèvements actuels, pour permettre à de nombreux retraités de jouir d’un train de vie supérieur aux moyens d’une grande partie de ceux qui les financent ?
Signe du déséquilibre de notre système, beaucoup d’entre eux ne se rendent même pas compte qu’ils font partie de la catégorie la plus aisée de France. Et beaucoup de se plaindre sans honte des « retraites de misère » qui leur sont servies.

 

Notez encore qu’en Suisse, le système oblige à commencer son épargne retraite jeune (2ème pilier), à 25 ans. C’est tout à fait ce qu’il faut faire pour s’assurer les meilleures performances, car plus on commence jeune, plus le montant épargné est important, et donc la rente confortable.
Or, en France, peu de « jeunes » de 25 ans pensent déjà à la retraite. Rien ne les y encourage, car le système de retraite est entièrement fondé sur la prise en charge des retraités par l’Etat. Et quand ils le font, on le leur reproche.
Malheureusement, les temps ont changé, et chacun a intérêt à devenir acteur de son avenir.

 

Le système de retraite suisse me semble équilibré : l’Etat assure à tous une subsistance de base, mais les « extras » doivent être financés par chacun individuellement.
Ainsi, on ne fait pas peser sur l’économie du pays, la volonté des retraités de conserver un niveau de vie égal à celui qu’ils avaient lorsqu’ils travaillaient.

En France, le montant des retraites va baisser, c’est une évidence. Il devient hasardeux de mettre toute sa confiance dans l’Etat pour assurer ses vieux jours.
Même si l’Etat ne le prévoit pas (encore), chacun peut anticiper à son échelle et prévoir des revenus complémentaires à sa retraite.
Commencez à épargner le plus tôt possible.
Et diversifiez. Immobilier, bourse, ou création d’entreprise, voilà les trois façons principales de placer et développer son épargne pour anticiper au mieux l’avenir.

 

Et vous, êtes-vous favorable au plafonnement des retraites au delà d’un certain montant, et à ce que chacun investisse de son côté, en prévision de l’avenir ?

8 réflexions au sujet de “Préparer sa retraite : comme les Suisses, visez l’indépendance financière

  1. Bonjour,
    je ne suis pas d’accord avec votre vision de la retraite.
    Oui, il est important de la prévoir.
    Mais commencer à 25 ans me semble une aberration.
    Avant cela, il y a de nombreux objectifs qui sont à financer : acheter une RP, financer l’étude des enfants, …
    Néanmoins, il me semble important de toujours avoir des revenus complémentaire, non pour la retraite, mais par sécurité.
    Car il ne faut jamais oublier : salarié, vous pouvez être viré en 2h. (bien sûr contestable au prud’homme, mais là faut attendre plusieurs années)
    Donc là les revenus annexes permettent d’être plus serein face à ce type de situation.

    Bien entendu les revenus annexes seront toujours en place une fois en retraite.
    Mais ce n’est pas à mon sens leur but premier.

    • Bonjour David,

      Je ne pense pas qu’on soit vraiment en désaccord, j’ai dû mal m’exprimer.
      Je pense que l’achat d’une résidence principale fait partie de ce qu’il faut prévoir pour passer une retraite sereine.
      Je pense que l’épargne pour la retraite peut prendre différentes formes et ne pas être forcément estampillée « épargne retraite » dès le début de la vie active. L’important étant d’épargner et d’investir. Ce sont toujours des placements qui serviront aussi pour la retraite, en plus d’avoir produit des revenus (ou pas) pendant la vie active, comme vous le dites.

      Mais effectivement, il ne faudrait pas, dès 25 ans, consacrer toute sa capacité d’épargne à un fonds « retraite » qui ne produirait rien jusqu’à 65 ans. On peut par contre le faire, pourquoi pas, avec une partie de son épargne.
      Bref, il y a plusieurs façons de faire, chacun fait comme il préfère.
      En tout cas, cher David, merci pour vos commentaires toujours constructifs.
      A bientôt !

      • Bonjour,
        En fait, je fait la remarque, car beaucoup pense épargne retrait, à travers d’un Plan d’Epargne Retraite, d’un PERCOO, …
        En gros plein de produit qui sont bloqué jusqu’à la retraite.

        D’où ma remarque!

  2. Salut Aurore 🙂

    Bel article mais, étant Suisse, je peux te dire qu’il y a beaucoup de problème au niveau du deuxième pilier, que les capitaux des caisses de pension sont placés sur les marchés financiers & immobiliers. Chaque année les taux de conversion du capital épargné en rente baisse énormément et certains taux de couverture des caisses de pension sont seulement à 65-70%!!

    Ça fait peur et, étant jeune, on ne sait pas non plus ce qui adviendra de note « retraite » future!

    Salutations de Suisse 🙂

    Roby

    • Salut Roby,

      Merci pour ton commentaire, j’imagine en effet que le système suisse n’est pas parfait non plus. C’est bien d’avoir l’avis de quelqu’un qui le vit « en vrai ».
      J’aime tout de même l’idée que l’Etat assure une retraite minimum et que le reste soit assumé par chacun. Il serait sûrement mieux de pouvoir choisir ses placements soi-même.
      A ton avis, quel serait le système de retraite idéal ? Fais-tu quelque chose pour pallier ce problème de baisse de conversion du capital épargné ?
      A bientôt j’espère sur le blog !

      Aurore

  3. Je n’ai réellement commencé à preparer ma retraite que depuis deux ans, ouverture d’un perp pour mon mari et moi quand j’étais à mon compte mais interrompu en redevenant salariée. PEL, assurance vie et surtout notre crédit immobilier renégocié ce qui fait que nous avons gagné une dizaine d’année.
    La retraite sera vite arrivée meme si je n’ai que 37 ans mais chaque cts épargné est une sécurité

    • Bonjour Maman est en blouse blanche,
      C’est un bon début, il me semble.
      Super pour le crédit immobilier sur lequel vous avez gagné 10 ans ! Belle performance.
      Bonne continuation pour la préparation de la retraite !

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